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ICH BIN EIN BERLINER QUEER
Le murmure de Berlin, par Jayrôme C. Robinet
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Non classé | 13.03.2014 - 02 h 39 | 0 COMMENTAIRES
Représentation des Trans* au cinéma : On va changer ça.
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Pour son rôle de Rayon, une femme transgenre, dans Dallas Buyers Club, Jared Leto a remporté le prix du meilleur acteur dans un second rôle aux Oscars, aux Golden Globes ainsi qu’aux Hollywood Film Awards.

N’est-ce pas génial ? Non.

Flashback :

Voici le discours de remerciement de Jared Leto lors de la remise des Hollywood Film Awards en octobre 2013 (0’40’’ et 2’08’’) :

I’m not sure why you did this, maybe it’s because you’ve heard I have very smooth size, or I had a great little brazilian bubble butt – it’s in the film in case you don’t believe me. (1)

One of the many things I had to do for this transformative role was to wax my entire body. Thanksfully it wasn’t a period piece so I didn’t have to do the Brazilian… you know… you know what I’m talking about… and so do some of you guys out there too. (2)

Voici son discours lors des Golden Globes (1’08’’) :

 

I’d like to use this opportunity to clear up a few things: I did not ever use any prostetics in this film, that tiny little brazilian bubble butt was all mine. It was a very transformative role and I had to do a lot of things to prepare, one of the things I did was wax my entire body, including my eyebrows. I’m just fortunate that it wasn’t a period piece so I didn’t have to do a full Brazilian… Ladies, you know what I’m talking about though. And so do some of you men, I think. (3)

Et ici aux Oscars :

Le public attentif aura sûrement remarqué que Jared Leto résume son travail pour ce rôle de femme trans* par des réflexions concernant le corps, et que cela semble l’amuser beaucoup ; qu’il n’utilise pas une seule fois le mot Trans’, Transgender ou Trans’communities ; au lieu de ça il parle à Hollywood de Rayon comme d’une « beautiful creature » (4’23’’), lors des Golden Globes il finit par remercier « toutes les Rayon de ce monde… pour l’inspiration » (2’23’’), et aux Oscars il commémore d’abord « tou.te.s les rêveurSEs de ce monde comme en Ukraine ou au Vénézuela » (2’00’’).

Ce n’est pas comme ça que j’imagine un allié.

Voici un guide pour suivre par étape l’ignorance de Jared Leto concernant les questions trans* : A step by step guide through Jared Letos Trans Ignorance.

Un allié aurait pu par exemple évoquer la mauvaise représentation des personnes trans* dans les médias, les multiples oppressions institutionnelles (pathologisation, stérilisation forcée…) la transphobie au quotidien (exotisation, crimes haineux…) les discriminations systémiques (accès au marché du travail, au logement…)

Nous ne sommes pas là pour servir d’inspiration artistique ni de divertissement à quiconque souhaitant amuser la galerie à nos dépens.

Aux  Etats-Unis il a été beaucoup question de savoir si le rôle de Rayon aurait dû être joué par une personne trans*. Voici une liste de 10 actrices trans* qui auraient pu être castées. Certain.e.s se demandent si ÇA ne serait pas transphobe : réduire les trans* aux personnages de trans* (personnes n’a demandé ça). D’autres considèrent que le fait que les rôles de trans* soient en grande majorité joués par des acteurs/actrices cisgenres est une forme de « Transface », similaire à la pratique du « Blackface ».

Voici trois problèmes sur lesquels j’aimerais me pencher :

1. L’absence structurelle d’acteurs/actrices trans* dans l’industrie cinématographique
2. Les archétypes des personnages trans* au cinéma
3. La comparaison Transface = Blackface

***

1. L’absence structurelles d’acteurs/actrices trans* dans l’industrie cinématographique

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A la question de savoir si les rôles de trans* devraient être attribués à des acteurs/actrices trans*, Jared Leto a, paraît-il, répondu que si lui n’avait pas le droit de jouer une femme trans* alors un acteur gay ne devrait pas avoir le droit de jouer un hétéro.

Intéressant. Ok. Le travail d’un.e acteur/actrice consiste il est vrai  à incarner un personnage qu’iel n’est pas. J’imagine que dans Metropolis de Fritz Lang certains personnages de la classe ouvrière furent joués par des acteurs/actrices de la classe moyenne voire bourgeoise et François Cluzet dans Les Intouchables n’est sinon pas en chaise roulante.

Juste un petit bémol à l’argument de Leto : C’est un fait avéré que les groupes discriminés ou déprivilégiés ont moins accès aux ressources (ici : aux rôles) et il n’est pas rare que les gays soient discriminés à l’heure d’être choisi pour un rôle d’hétéro.

Dans son article Jennie Kermode mentionne une enquête de la SAG-AFTRA (syndicat US-américain d’acteures et actrices, entre autres) parue à l’automne dernier : 16 % des acteurs et actrices LGBT* rapportent avoir été victimes de discrimination à Hollywood, et ces discriminations touchent les personnes trans* le plus durement.

A Hollywood un acteur ouvertement gay a moins de chance d’être choisi pour un rôle d’hétéro car il ne serait pas vraiment « crédible ».  C’est la thèse avancée par Ramin Setoodeh dans son article controversé concernant la difficulté pour un gay d’incarner un hétéro à l’écran. Ce qui est perçu chez les représentant.e.s de la société majoritaire – qui on le sait sont les représentant.e.s du « neutre » – comme une prouesse (« wow, iel joue un personnage aux antipodes de ce qu’iel est dans la vraie vie !»), est considéré chez les groupes marginalisés comme « pas crédible », car ce qu’iels sont dans la vraie vie n’est apparemment pas assez « neutre » et se transforme donc en seul trait identitaire qui les marque d’une empreinte indélébile.

Inversement

Pour pouvoir analyser la comparaison de Leto, il faut en réalité que les paramètres de l’équation soient équivalant concernant leur position respective dans les rapports sociaux de pouvoir.

Autrement dit :

Si Jared Leto, en tant que personne cisgenre, n’a pas le droit d’incarner une personne transgenre, alors un hétéro n’a peut-être pas le droit d’incarner un gay.

Mais peut-être ne s’agit-il pas d’une question « d’avoir le droit » ?

Quiconque se trouve dans une position dominante ou privilégiée (en l’occurrence : Cis* > Trans* ou Hétéro > Gay) peut se demander s’iel a décroché un rôle, un poste ou un avantage en général sur base de ses mérites personnels ou juste en raison du système global qui lui octroit des privilèges (1e étape), s’iel ne veut pas de temps en temps faire un pas en arrière afin de faire de la place (2e étape) ou utiliser ses privilèges afin d’intervenir en faveur de l’égalité des chances (3e étape) ?

C’est un fait :

– Les Trans* ne sont jamais choisi.e.s pour les rôles de Cis*
– Les Trans* sont très rarement choisi.e.s pour les rôles de Trans*
– Les Cis* sont toujours choisi.e.s pour les rôles de Cis*
– Les Cis* sont choisi.e.s dans l’immense majorité pour les rôles de Trans*

A noter également : Jusqu’à présent les femmes trans* sont majoritairement jouées par des hommes cisgenres.

En conséquence, la majorité des femmes trans* portées à l’écran ne peuvent pas en toute crédibilité avoir pris des mesures médicales de réassignement de genre, comme par exemple l’hormonothérapie, elles entérinent donc le stéréotype selon lequel les femmes trans* sont en fait « juste des hommes qui s’habillent en femme ». Ainsi, la représentation des féminités trans* au cinéma conduit à davantage de stéréotypisation et de stigmatisation.

transequality march hollywood

Lana Leitova et Madison Rae. Rassemblement le 2 mars 2014 devant les Academy Awards à Hollywood : « Why are you Hollywood Producers keeping trans people out? »
/ Photo: Kerri Cecil – Cliquez sur la photo pour lire une interview de Kerri Cecil et voir certains de ses courts-métrages.

 

2. Les archétypes trans* dans les films

Here we go ! Nous avons :

les freak solitaires / en souffrance (Transamerica, Risky Business, Very Bad Trip 2, Hedwig and the Angry Inch, Laurence Anyways…)
les freaks comiques / déjantés (Priscilla folle du désert, Hedwig and the Angry Inch…)
les freaks moribonds / assassinés (Dallas Buyers Club, Soldier’s Girl, Boys Don’t Cry…)
les freaks dangereux / serial killer (Psychose, Pulsions, Le Silence des agneaux).

Les quatre archétypes ne s’excluent pas les uns les autres.

Je n’ai pas vu Dallas Buyers Club  – mais Jared Leto non plus – à écouter ici

I have had the time to see the movie, I made the choice not… to see the movie. 1’16’’ (4)

Il me suffit de lire qu’il s’agit de nouveau d’une trans* travailleuse du sexe, d’une trans* junky, d’une trans* marginalisée, d’une trans* qui finit par payer le prix fort.

Petite parenthèse 

Pendant deux ans j’ai écrit un roman jusqu’à m’apercevoir qu’étant donné la situation actuelle de la représentation médiatique des transidentités je ne souhaitais pas publier ce livre. Pour résumer : le roman raconte la grossesse d’un homme trans* devenu la cible de la presse à scandales. Dès de le début on apprend que le nouveau-né est mort. Par flashback on suit l’étape de la grossesse, l’accouchement ainsi que la première année. Le roman traite de la pression médiatique et sociale et analyse la manière dont « la violence surgit et jusqu’où elle peut mener » – en gros, comme L’honneur perdu de Katharina Blum d’Heinrich Böll. L’un.e des parents va en effet commettre un acte après le décès du bébé qu’iel n’aurait jamais commis sans la pression médiatique.

Après deux ans et de nombreuses recherches je me suis demandé : Est-ce que je veux vraiment publier cette histoire ? La réponse n’était pas facile. Finalement j’en suis arrivé à la conclusion suivante : Non. Même si mon but était (et est) de dénoncer des pratiques journalistiques inhumaines et dégradantes, j’ai décidé de ne publier une histoire triste et tragique que lorsque nous disposerons de beaucoup d’histoires diverses et positives au sujet des reálités queer et trans*. Ca ne veut pas dire que tout le monde doit faire la même chose. Mais je pense qu’en tant qu’auteur j’ai une responsabilité au sujet des histoires que j’écris. Car toutes productions artistiques (et la publicité en fait partie) perpétuent voire créent la réalité qu’elles prétendent juste décrire.

Concernant le danger des stéréotypes, ici un article en allemand de  TQ : Bedrohung durch Stereotype, oder: Warum Repräsentation so wichtig ist.

J’ai un peu exagéré

En réalité il existe déjà des représentations alternatives de personnes  trans* et queer à l’écran : dans les films DIY, low-budget et/ou crowdfunded. Il suffit de regarder la programmation du festival queer berlinois Entzaubert (en France je pense par exemple au festival XXYZ à Toulouse) et de nombreuSEx réalisateurs et réalisatrices comme Juli(a) Rivera, Tom Weller, Vika Kir­chen­bau­er, James Ro­sa­lind, Alec Butler, pour n’en citer que quelqu’un.e.s, proposent une représentation différenciée et positive des réalités trans* et queer.

Et: des films portés et produits par une communauté se retrouvent parfois dans les grands festivals comme The Owls de Cheryl Dunye qui fut projeté à la Berlinale en 2010.

Voici un article sur la manière de faire les choses différement : The Future of Trans Representation.

Alors où est le problème ?

Selon la militante trans* britannique Lexie Cannes, si les personnes  transgenres ne reçoivent pas de rôles à Hollywood, c’est pour une raison très simple : l’argent. Et oui. Les investisseurs veulent des grands noms qui remplissent les salles. Comme Jared Leto justement. Selon Cannes, en raison des règles de l’économie de marché il n’y a à l’heure actuelle pratiquement aucune chance qu’un groupe investisse $50.000.000 dans un.e acteur/actrice trans*.

Malheureusement les règles du jeu sont bien souvent celles du capitalisme. Mais on peut changer ça.

3. La comparaison Transface = Blackface

Cette vidéo d’Erin Armstrong AKA Grishno a deux problèmes :

Premier problème : la liste (0’56’’) qui vient de Wikipedia et n’est pas complète ainsi que les statistiques

Comme on le sait au moins depuis Thilo Sarrazin qui dans son essai L’Allemagne court à sa perte se servait de tableaux et de chiffres pour le moins obscurs afin d’éclairer sa vision du monde raciste : les statistiques peuvent déformer la réalité.

Grishno explique :

– Parmi les 8 films comportant un personnages d’homme transgenres en 12 ans, 4 ont été joués par un homme trans* (ce qui n’est pas le cas, on le verra plus loin). Grishno en vient donc à la conclusion que… wow, 50 % des films avaient un acteur trans* ! Par rapport aux maigres 15 % pour les actrices trans*, sur 45 films en 48 ans.

Ma conclusion serait : wow, en 48 ans SEULS 8 films ont porté un personnage d’homme trans* à l’écran ! Ca fait 1,5 tous les dix ans, soit 0,15 mec trans* par an.

– De toutes façons : Funny kind a guy, Southern Confort, Boy I am, Let me die a woman, The Transgender Path, Red without Blue et The Forgotten DJ/Model sont des documentaires – pas étonnant donc que les personnes portraiturées se « jouent » elles-mêmes (et heureusement). On ne peut pas sérieusement utiliser cet argument pour affirmer qu’il y a des ACTEURS trans* dans la moitié des films …

– Et : Rick Okon, la tête d’affiche de Romeos, n’est PAS trans*. Et pas seulement ça. Petite anecdote : Berlinale 2011, Sabine Bernardi, réalisatrice de Romeos, répond aux questions du public à l’issue de la projection : « Pourquoi avez-vous choisi un homme pour le rôle du transexuel ? » (Rien que la question me désole. Petit cours de rattrapage : Les hommes trans* sont aussi des hommes). Réponse de Bernardi :

Ça a toujours été clair pour moi que je voulais un homme pour ce rôle, il n’était pas question de caster une femme.

Aïe. Bingo. Dans le monde de Bernardi, il n’y a donc que des hommes cisgenres et des femmes cisgenres. Et ces dernières portent les cheveux longs et des jupes et ne peuvent donc pas passer pour des « hommes ». Peut-être faudrait-il présenter à Bernardi quelques belles gouines butch.

Néanmoins, j’aimerais reconnaître au film l’immense mérite de n’avoir eu recours à aucun des quatre archétypes mentionnés plus haut. Lire ici une bonne critique de Romeos paru sur le blog Chronik D’un Nègre Inverti – et qui pointe également le problème de la racialisation de l’homophobie et de la violence dans le film.

Bon. Donc. Si on se base sur cette liste de Wikipedia :

– Parmi les 8 films qui ont traité des trans*masculinités en  12 ans, exactament 0 film a porté à l’écran un acteur trans*.

– Parmi les 45 films qui ont traité des trans*féminités en 48 ans, seuls 3 avaient une actrice trans*.

Deuxième – et plus important problème : la comparaison Transface = Blackface

Je peux comprendre l’intention. Grishno espère provoquer un déclic : le Blackface ce n’est pas bien, donc le Transface ce n’est pas bien. Car je crois savoir que les Etats-Unis sont plus vigilants qu’en Allemagne à l’égard de cette forme de représentation raciste et la pratique du Blackface y serait à l’heure actuelle inimaginable.

Mais la comparaison ne fonctionne pas.

  • D’un point de vue historique :  Le Blackface a pour origine une tradition raciste et n’est rien d’autre qu’une mise en scène des discours sur les races. Les blancs peints en noir véhiculent consciemment une image stéréotypée et offensante des personnes Noires, la caricature servant à leur dénigrement. La pratique du Blackface n’a jamais eu pour but de représenter avec respect l’histoire d’un être humain, de permettre un aperçu dans sa psychologie ou de narrer les enjeux d’un quotidien au prise avec une société raciste. Pour mauvais que soient les rôles de personnes trans* au cinéma, il me semble que l’objectif est cependant de démontrer les difficultés de l’existence en tant que trans*,  tout comme Calpernia Addams le rappelle dans son article In Defense of Jared Leto : des êtres comme Rayon existe bel et bien.

 

  • D’un point de vue – je dirais – de ‘rétroaction analogique’ : La comparaison suggère que le Blackface ne serait peut-être rien d’autre que ça : qu’un.e blanc.he joue un.e Noir.e.  La volonté patente de caricaturer, l’offense et la dévalorisation intentionnelle, en d’autres termes la violence du racisme inhérent à la pratique, sont passées sous silence. La comparaison est donc contre-productive : au lieu de souligner la violence du Transface, elle minimise la violence du Blackface.

 

  • D’un point de vue politique :  Le comparaison suggère en outre que :

1. « Trans* » égale « ne-ferait-jamais-du-Blackface » donc « trans*» égale « blanc.he.s » (puisque seul.e.s les blanc.he.s  ont le privilège de se demander s’ils veulent pratiquer le Blackface) donc « trans*» égale « blanc.he.s pas suprémacistes blanc.he.s ».

2. Noir.e.s. égal « pas Trans*».

Il s’agit bien sûr d’une suite de sophismes, ou disons : de paralogismes puisque l’erreur de raisonnement est peut-être de bonne foi, n’est-ce pas ?

–> Le racisme émanant des communautés transgenres blanches est nié et la pluri-appartenance est invisibilisée.

Donc la comparaison Transface = Blackface re/produit  le racisme et la suprématie blanche.

CONCLUSION

Pour nommer et faire prendre conscience d’un problème, je pense qu’il est important de rester dans le sujet. Pourquoi les raisons essentielles pour lesquelles la représentation actuelle des transidentités au cinéma est insatisfaisante, problématique et dangereuse ne devraient pas suffire ?

Ce que nous voulons :

1. une représentation nuancée, adéquate et décente de nous-mêmes, de nos communautés, de nos réalités, de nos identités, de nos auto-définitions et de notre  magnificience.

2. Les acteurs et actrices trans* doivent avoir accès tant aux rôles de personnages transgenres qu’aux rôles de personnages cisgenres.

3. Les scénaristes, réalisateurs/trices et producteurs/trices cisgenres qui planchent sur un film comportant un personnage transgenre doivent se pencher en profondeur sur le sujet et être prêt.e.s à créer des rôles dépassant les clichés et stéréotypes.

4. Davantage de visibilité pour les personnes transgenres dans l’industrie du cinéma tant devant que derrière la caméra.

5. La Berlinale et tous les festivals du film d’envergure doivent créer un prix du meilleur film trans*.

6. Les communautés transgenres blanches peuvent s’inspirer et prendre exemples sur des formes de résistance et de contestation d’autres communautés, mais sans s’approprier les acquis et/ou tout mettre dans le même panier en invisibilisant les spécificités d’une oppression, faire du  white washing, du trans*washing et ignorer les appartenances et les oppressions multiples.

Conclusion 2:

Jared Leto ne peut pas grand chose à lui seul en ce qui concerne les points 1 à 6.  MAIS il est bel est bien responsable de son manque de discernement concernant les transidentés ainsi que de ses plaisanteries dégradantes et à côté de la plaque. Et rien que pour ça je trouve qu’IL n’aurait pas dû avoir le droit de jouer le rôle de Rayon.

Last but not least, voici une très belle prise de parole de Julie Rei Goldstein de Trans Hollywood

***

Traduction française des citations de Jared Leto :

(1) « Je ne sais pas exactement pourquoi vous avez fait ça, peut-être que vous avez entendu que j’ai un côté doux, ou que j’ai de belles petites fesses brésiliennes – si vous ne me croyez pas, c’est dans le film. »

(2) « Une des nombreuses choses que j’ai dû faire pour ce rôle transformatif a été de m’épiler le corps entier à la cire. Heureusement ce n’était pas un drame d’époque donc je n’ai pas dû me faire le maillot à la brésilienne… Vous voyez ce que je veux dire… Et certains mecs dans la salle aussi. »

(3) « J’aimerais profiter de l’occasion pour clarifier certaines choses : dans ce film je n’ai utilisé aucune prothèse, ces petites fesses brésiliennes sont bien les miennes. C’était un rôle très transformatif et j’ai dû faire pas mal de choses afin de me préparer. L’une d’entre elles a été d’épiler mon corps entier, dont mes sourcils. J’ai de la chance qu’il ne s’agissait pas d’un drame d’époque donc je n’ai pas dû me faire le maillot complet à la brésilienne. Mesdames, vous savez de quoi je parle. Et certains messieurs ici aussi, je pense. »

(4) « J’ai eu le temps de voir le film mais j’ai décidé de ne pas le regarder. »

***

La version originale de cet article est parue en allemand sur mon blog jayromeaufdeutsch.wordpress.com

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Représentation des Trans* au cinéma : On va changer ça.

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