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Le murmure de Berlin, par Jayrôme C. Robinet
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Non classé | 07.03.2014 - 16 h 08 | 0 COMMENTAIRES
GiedRé : Oppressions en musique
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Aujourd’hui, je copie un texte nécessaire lu sur le blog Hysteriezh.

Parce que des chansons comme « La belle au bois » participent à la stigmatisation transphobe, raciste et putophobe, GiedRé, tu expliques, légitimes et justifies le meurtre de femmes trans’ of color !

La chanteuse, interpellée sur ce fait, se dit « mince, mon travail est mal compris »La prochaine étape, GiedRé, sera que tu comprennes que tu as mal compris la transphobie systémique, institutionnelle, médiatique et interpersonnelle, ainsi que les oppressions multiples (sexime + racisme + transphobie + transmisogynie) qui s’exercent contre les femmes trans’ of color.

Ici un lien vers le projet TransRespect versus Transphobia qui comptabilise le nombre de personnes trans’ assassinées pendant l’année. La majorité étaient des TWoC (Trans Women of Color).

C’est moi qui souligne:

GiedRé,

Pardonne-moi de commencer comme ça, mais qu’est-ce que tu fous ?
comme je l’ai beaucoup lu récemment, on peut rire de tout mais pas n’importe comment.

Jusqu’à présent on riait de tout avec toi parce que t’en riais de façon jamais insultante, stéréotypée et oppressive. Mais avec ta chanson sur la Belle au bois là, comment te dire.

On peut rire avec la prostitution ou des transidentités, on peut, mais pas n’importe comment, surtout si on n’est concernée ni par l’un ni par l’autre de ces vécus. Là, t’as juste reconduit les plus bêtes stéréotypes sur les prostituées du bois – femmes trans et ce à l’insu des clients hommes qui se retrouveraient, pauvres chatons, piégés par ces salopes.

T’es sérieuse Giedré ? Tu sais que Cauet nous l’a déjà faite celle-là ? La honte, quand même, de plagier Cauet… Tu reprends la rhétorique putotransphobe et sexiste de n’importe quel abrutimoyen, et oui, tu ris avec eux, tu ris « avec » les beaufs réacs, et tu ris « de » les meufs trans putes, et nous du coup on n’a plus envie de rire avec toi. Tu tombes dans tous les panneaux, tu genres au masculin ton personnage de femme trans, c’est juste tellement nul, niveau de réflexion TF1 quoi. Tu évoques un viol qui nie et même inverse la réalité des rapports d’oppression – genre c’est les meufs trans putes qui vont aller violer des clients cishétéro, ALLO GIEDRE ressaisis-toi. BREAKING NEWS : c’est les clients hommes hétéro-cis qui violent et butent des prostituées, et c’est pas des anecdotes, des faits divers isolés, c’est la réalité quotidienne des violences contre les femmes trans et putes.

Et puis tu dis quoi là avec ton histoire de vengeance façon crime d’honneur ? Pauvres hommes piégés par les femmes : cis ou trans, toutes des putes hein, toutes des putains. Tu l’avais déjà dit, ça, toutes des putains, et ta chanson était parfaite, parce qu’on riait ensemble de ces stigmates qui nous collent à la peau. Là, NON, on rigole pas du tout. Bref, ta chanson pue et on est bien déçues.

A+ cordialement pas bisous.

Paroles de « La belle au bois »:

Il était une fois
Très loin et y’a très longtemps,
une belle qui dormait au bois,
en attendant le prince charmant.

Un promeneur qui passait par là,
En cherchant des champignons,
Se dis Ho une belle qui dors au bois
C’est vraiment trop mignon!

Il voulait faire les choses bien
Il lui offrit un bouquet de coucou,
Mais la belle à l’accent Brésilien
Lui dis c’est 50 euros pour tout.

Refrain:
Tout est bien qui ne finit pas toujours bien
Toutes les histoires n’ont pas toutes une belle fin!

Le promeneur se dis mais qu’est ce que c’est que ca
Et couru vers sa maison.
Mais la belle qui dormais au bois
N’allait pas laisser passé l’occasion!

Une fois ces tallons enlevés
Elle n’avait de femme que les hormones
Voir courir cet homme affolé
Réveilla sa testostérone

Elle le rattrapa bien vite
Et contre un épicéa
La belle sortie sa bite
Et l’encula

Refrain:
Tout est bien qui ne finit pas toujours bien
Toutes les histoires n’ont pas toutes une belle fin!

Le promeneur malgré la douleur
N’en perdit pas moins la raison
Et pour sauver son honneur
Égorgea la belle dans un buisson

Il n’y a pas de morale
A cette chanson
Où est le bien où est le mal
Tel est la question

Mais rappelez vous que il était une fois
Pas très loin et ya pas si longtemps
Une pute qui dormais au bois
et qui risque d’y dormir longtemps!

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