15 ICH BIN EIN BERLINER QUEER

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ICH BIN EIN BERLINER QUEER
Le murmure de Berlin, par Jayrôme C. Robinet
Non classé | 06.05.2015 - 19 h 10 | 0 COMMENTAIRES
Situation des personnes trans’ au Luxembourg: Lettre ouverte à la Chambre des Députés

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L’association Intersex & Transgender Luxembourg lance un appel à la Chambre des Députés par Lettre ouverte. Face aux situations intenables dans lesquelles se trouvent une partie des personnes trans’, l’association demande à la Chambre des Députés de soutenir la mise en œuvre au Luxembourg, le plus rapidement possible, de recommandations récemment adoptées par le Parlement européen et par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Voici le texte intégral, également consultable sur le site de Intersex & Transgender Luxembourg

***

Lettre ouverte aux Honorables Membres de la Chambre des Députés

Nous vous écrivons pour vous demander de soutenir la mise en œuvre au Luxembourg des recommandations formulées par le Parlement européen et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe concernant les personnes trans’.

Les personnes trans’ (parfois appelées « transgenres ») seront définies ici comme les personnes dont le sexe assigné à la naissance diffère de l’auto-perception, de l’auto-détermination, de l’identité de genre et/ou de l’expression de genre.

La Chambre des Députés a déjà abordé leur situation à diverses reprises par le biais de plusieurs questions parlementaires. Les questions posées dans le cadre de la présente législature sont celles de Mme Hetto-Gaasch ( n° 423, 2014 ) et de M. Angel ( n° 839, 2015 ), au sujet de la rectification de l’état civil et des statuts de la Caisse nationale de santé ( CNS ), respectivement. Il y a lieu de relever en outre qu’un projet de loi ( n° 6792 ) déposé cette année vise, entre autres, à protéger les personnes trans’ contre la discrimination.

Par ailleurs, le programme gouvernemental prévoit que le Gouvernement « se penchera sur les questions relatives à la transsexualité ».

Notre association a exposé depuis plusieurs années la situation des personnes trans’ aux ministères concernés et à un certain nombre de communes. Le ministre de la Justice, M. Braz, s’est engagé en 2014 à intervenir notamment au sujet des conditions du changement d’état civil auprès de notre association et de son groupe de parents. La situation des mineur.e.s est particulièrement préoccupante, comme le montrent le rapport RADELUX de 2012 transmis au comité des droits de l’enfant des Nations Unies, l’ouvrage « Normierte Kinder » ( Schneider, Baltes-Löhr, 2014 ), et le rapport « Les droits des enfants intersexes et trans’ sont-ils respectés en Europe ? Une perspective », publié par le Conseil de l’Europe.

Plusieurs organisations internationales se sont saisies de ces questions, telles que le Conseil de l’Europe, l’Union européenne et les Nations Unies. Parmi les diverses instances de ces organisations ayant pris position, nous citerons le Parlement de l’Union européenne et l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Le Parlement européen, dans sa résolution du 12 mars 2015 concernant le rapport annuel 2013 sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde et la politique de l’Union européenne en la matière :

“163.  demande à la Commission et à l’OMS de retirer les troubles de l’identité de genre de la liste des troubles mentaux et du comportement; demande à la Commission d’intensifier ses efforts en vue de mettre fin à la pathologisation des identités «trans»; encourage les États à mettre en place des procédures de reconnaissance du genre rapides, accessibles et transparentes qui respectent le droit à l’autodétermination;

164.  se félicite du soutien politique croissant visant à interdire l’exigence de stérilisation pour la reconnaissance juridique du genre, comme l’a exprimé le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, et estime que cette exigence devrait être traitée et poursuivie comme une violation du droit à l’intégrité physique et une atteinte à la santé et aux droits sexuels et génésiques;”

Dans sa résolution 1728 ( 2010 ), « Discrimination sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre », l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a appelé les Etats membres à « traiter la discrimination et les violations des droits de l’homme visant les personnes transgenres et, en particulier, à garantir dans la législation et la pratique les droits de ces personnes […] à des documents officiels reflétant l’identité de genre choisie, sans obligation préalable de subir une stérilisation ou d’autres procédures médicales comme une opération de conversion sexuelle ou une thérapie hormonale ( point 16.11.2 ).

Le 22 avril 2015, cette même Assemblée a adopté une importante résolution pour préciser encore ses recommandations concernant les personnes trans’ et invite les Etats, dans la résolution 2048 ( 2015 ) :

« 6.2 en ce qui concerne la reconnaissance juridique du genre:

6.2.1 à instaurer des procédures rapides, transparentes et accessibles, fondées sur l’autodétermination, qui permettent aux personnes transgenres de changer de nom et de sexe sur les certificats de naissance, les cartes d’identité, les passeports, les diplômes et autres documents similaires; à mettre ces procédures à la disposition de toutes les personnes qui souhaitent les utiliser, indépendamment de l’âge, de l’état de santé, de la situation financière ou d’une incarcération présente ou passée;

6.2.2 à abolir, en matière de reconnaissance d’identité de genre, l’obligation légale de stérilisation et de soumission à d’autres traitements médicaux, y compris le diagnostic de troubles mentaux, dans les lois encadrant la procédure de changement de nom et de genre;

[…]

6.2.4 à envisager de faire figurer une troisième option de genre sur les papiers d’identité des personnes qui le souhaitent;

6.3 en ce qui concerne les traitements de conversion sexuelle et soins de santé:

6.3.1 à rendre les procédures de conversion sexuelle, telles que les traitements hormonaux, les interventions chirurgicales et le soutien psychologique, accessibles aux personnes transgenres, et à en garantir le remboursement par le régime public d’assurance maladie; les limitations du remboursement devraient être fixées par la loi, objectives et proportionnées;

6.3.2 à inclure expressément les personnes transgenres dans les travaux de recherche, les programmes et les mesures de prévention du suicide; à explorer des modèles alternatifs de soins médicaux aux personnes transgenres, fondés sur un consentement éclairé;

6.3.3 à modifier les classifications des maladies utilisées au niveau national et prôner la modification des classifications internationales afin de garantir que les personnes transgenres, y compris les enfants, ne soient pas considérées comme malades mentaux, tout en assurant un accès aux traitements médicaux nécessaires sans stigmatisations ».

Il est particulièrement important que les recommandations précitées deviennent effectives au Luxembourg.

En tout premier lieu, il est grand temps de cesser de considérer les personnes dérogeant à la conception traditionnelle et stéréotypée de la dichotomie des sexes comme ayant une pathologie. Il s’agit d’une question éthique et de droits fondamentaux qui relève d’un choix politique et non pas d’une décision médicale.

En second lieu, le droit à l’auto-détermination et le droit à la vie privée impliquent la reconnaissance de l’identité de genre ( le terme « identité sexuée » est parfois aussi employé ) par la loi, indépendamment de quelconques conditions posées dans le domaine médical. La décision de procéder à des modifications corporelles doit relever du libre choix de chaque personne. C’est pourquoi les recommandations européennes précitées impliquent une modification des conditions de rectification du sexe et du prénom à l’état civil. A cet égard, notre association demande le changement d’état civil sur simple demande auprès de la commune.

En troisième lieu, la mise en œuvre des recommandations européennes susmentionnées implique une modification des statuts de la CNS relatifs à la « dysphorie de genre ». Il y a lieu de saluer la modification récente de ces dispositions, entrée en vigueur le 1er mai 2015, à la suite d’une recommandation de l’Ombuds Comité pour les droits des enfants ( ORK ). Il convient désormais d’aller plus loin en permettant le remboursement des prestations en cause sur une base non pathologisante, qui garantisse à la fois le respect de la sphère privée, le libre choix du prestataire de soins de santé, le droit à l’auto-détermination en matière de soins de santé et le respect de la loi sur les droits et obligations des patients, ce qui n’est pas le cas actuellement. ( Voir notre document « Analyse des dispositions de la Caisse nationale de santé relatives au ‘syndrome de dysphorie de genre’ : Propositions pour une réforme », 2014. – Document intégral – Document de synthèse )

Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement le respect dans l’absolu de valeurs communément admises et protégées sous la dénomination des droits fondamentaux. Est surtout en cause la vie de personnes concrètes, enfants et adultes.

Nous tenons à souligner qu’un certain nombre d’enfants et d’adultes trans’ font ou ont fait l’expérience de violences répétées visant à sanctionner le fait qu’ils et elles ne correspondent pas à une norme, celle de la conception binaire traditionnelle des sexes.

Il en résulte, chez des jeunes comme des adultes, un désespoir et une suicidalité élevée, ce qui a conduit à mentionner les personnes trans’ dans le plan national de prévention du suicide.

Par ailleurs, les conditions actuellement posées à la rectification de l’état civil et au remboursement des prestations médicales placent une partie des jeunes et adultes trans’ dans des situations sans issue dans lesquelles leur intégration sociale est compromise. Pour les jeunes en particulier, il est urgent qu’ils n’aient pas à attendre encore un nombre indéfini d’années avant de pouvoir entrer dans la vie active, devenir autonomes et pouvoir mener une vie digne et épanouissante.

Nous vous demandons instamment d’intervenir pour que les recommandations susmentionnées soient mises en œuvre le plus rapidement possible au Luxembourg, parce que cela permettra à des personnes trans’ de sortir de la situation de blocage et d’exclusion sociale dans laquelle elles se trouvent actuellement et de leur redonner de l’espoir et des perspectives d’avenir.

Tout au long de ce processus, nous demandons l’application de la recommandation 6.1.6. de la résolution 2048 ( 2015 ), invitant « à consulter les personnes transgenres et leurs organisations et à les associer à l’élaboration et à la mise en oeuvre de politiques et de dispositions juridiques les concernant ».

Il convient de souligner que les recommandations précitées bénéficieront également aux personnes intersex(ué)es, elles aussi prises en compte dans le programme gouvernemental.

Invitée aux débats sur la résolution 2048 ( 2015 ), à la suite de l’adoption de la loi maltaise « Identité de genre, expression de genre et caractéristiques sexuées » en 2015, Mme Dalli, ministre du Dialogue social, de la consommation et des libertés civiles de Malte a fait remarquer qu’il ne s’agit pas d’une faveur ou d’un droit spécial que la société accorderait aux personnes transgenres mais qu’au contraire, il y a lieu d’affirmer que « chaque personne a une identité de genre et que chacun a le droit d’être respecté par autrui », tout en honorant l’obligation des responsables politiques « de chercher à faire en sorte que tous les membres de la société jouissent de leurs droits, prospèrent et vivent leur vie sans subir de discriminations ».

Dans l’espoir que notre appel sera entendu, nous vous prions d’agréer, chers membres de la Chambre des Députés, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Le conseil d’administration et le groupe de parents d’Intersex & Transgender Luxembourg

Non classé | 19.02.2015 - 13 h 21 | 0 COMMENTAIRES
Nouveau livre – et 5 bonnes nouvelles

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// Sortie prévue le 23 mars 2015

Buchcover

Couverture : Zanko Loreck

Bonne nouvelle #1

aux Editions w_orten & meer

Bonne nouvelle #2

avec CD :
Spoken Word et pièces sonores

La lumière n’est ni juste ni injuste
Composition sonore : Jef Guillon

Au cœur du cœur d’une autre langue
Composition sonore : Bassano Bonelli Bassano

Studio Altes FinanzamtIm Herzen des Herzens einer anderen Sprache

Textes et voix : Jayrôme C. Robinet

Bonne nouvelle #3

La merveilleuse Nora Gomringer a écrit la préface du livre. Extrait :

La bonne poésie peut servir de protection contre les influences nocives du monde. Le livre de Jayrôme C. Robinet est un petit bouclier.

Bonne nouvelle #4

Des gens d’exception m’ont prodigué soutien et conseils :

Sivan Ben Yishai, par un atelier de théâtre au cours duquel j’ai composé le monologue La lumière n’est ni juste ni injuste, et Marianna Salzmann avec des conseils d’importance.

Par leur lecture attentive et leurs remarques pleines de sensibilité : Koray YilmazGünay pour le cycle Au cœur du cœur d’une autre langue et Sara Jakob pour la nouvelle Passage au ralenti.

zitat2

Ouvre une langue. Ouvre-la jusqu’au vertige. Ouvre-la jusqu’au silence complet. Ouvre-la et renouvelle le processus.

Bonne nouvelle #5

La grandiose artiste et réalisatrice Estelle Beauvais a réalisé un trailer :

La lumière n’est ni juste ni injuste
Edition w_orten & meer, 2015

P.S.: Oui, le livre est en allemand.

Non classé | 13.03.2014 - 02 h 39 | 0 COMMENTAIRES
Représentation des Trans* au cinéma : On va changer ça.

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Pour son rôle de Rayon, une femme transgenre, dans Dallas Buyers Club, Jared Leto a remporté le prix du meilleur acteur dans un second rôle aux Oscars, aux Golden Globes ainsi qu’aux Hollywood Film Awards.

N’est-ce pas génial ? Non.

Flashback :

Voici le discours de remerciement de Jared Leto lors de la remise des Hollywood Film Awards en octobre 2013 (0’40’’ et 2’08’’) :

I’m not sure why you did this, maybe it’s because you’ve heard I have very smooth size, or I had a great little brazilian bubble butt – it’s in the film in case you don’t believe me. (1)

One of the many things I had to do for this transformative role was to wax my entire body. Thanksfully it wasn’t a period piece so I didn’t have to do the Brazilian… you know… you know what I’m talking about… and so do some of you guys out there too. (2)

Voici son discours lors des Golden Globes (1’08’’) :

 

I’d like to use this opportunity to clear up a few things: I did not ever use any prostetics in this film, that tiny little brazilian bubble butt was all mine. It was a very transformative role and I had to do a lot of things to prepare, one of the things I did was wax my entire body, including my eyebrows. I’m just fortunate that it wasn’t a period piece so I didn’t have to do a full Brazilian… Ladies, you know what I’m talking about though. And so do some of you men, I think. (3)

Et ici aux Oscars :

Le public attentif aura sûrement remarqué que Jared Leto résume son travail pour ce rôle de femme trans* par des réflexions concernant le corps, et que cela semble l’amuser beaucoup ; qu’il n’utilise pas une seule fois le mot Trans’, Transgender ou Trans’communities ; au lieu de ça il parle à Hollywood de Rayon comme d’une « beautiful creature » (4’23’’), lors des Golden Globes il finit par remercier « toutes les Rayon de ce monde… pour l’inspiration » (2’23’’), et aux Oscars il commémore d’abord « tou.te.s les rêveurSEs de ce monde comme en Ukraine ou au Vénézuela » (2’00’’).

Ce n’est pas comme ça que j’imagine un allié.

Voici un guide pour suivre par étape l’ignorance de Jared Leto concernant les questions trans* : A step by step guide through Jared Letos Trans Ignorance.

Un allié aurait pu par exemple évoquer la mauvaise représentation des personnes trans* dans les médias, les multiples oppressions institutionnelles (pathologisation, stérilisation forcée…) la transphobie au quotidien (exotisation, crimes haineux…) les discriminations systémiques (accès au marché du travail, au logement…)

Nous ne sommes pas là pour servir d’inspiration artistique ni de divertissement à quiconque souhaitant amuser la galerie à nos dépens.

Aux  Etats-Unis il a été beaucoup question de savoir si le rôle de Rayon aurait dû être joué par une personne trans*. Voici une liste de 10 actrices trans* qui auraient pu être castées. Certain.e.s se demandent si ÇA ne serait pas transphobe : réduire les trans* aux personnages de trans* (personnes n’a demandé ça). D’autres considèrent que le fait que les rôles de trans* soient en grande majorité joués par des acteurs/actrices cisgenres est une forme de « Transface », similaire à la pratique du « Blackface ».

Voici trois problèmes sur lesquels j’aimerais me pencher :

1. L’absence structurelle d’acteurs/actrices trans* dans l’industrie cinématographique
2. Les archétypes des personnages trans* au cinéma
3. La comparaison Transface = Blackface

***

1. L’absence structurelles d’acteurs/actrices trans* dans l’industrie cinématographique

tweet

 

A la question de savoir si les rôles de trans* devraient être attribués à des acteurs/actrices trans*, Jared Leto a, paraît-il, répondu que si lui n’avait pas le droit de jouer une femme trans* alors un acteur gay ne devrait pas avoir le droit de jouer un hétéro.

Intéressant. Ok. Le travail d’un.e acteur/actrice consiste il est vrai  à incarner un personnage qu’iel n’est pas. J’imagine que dans Metropolis de Fritz Lang certains personnages de la classe ouvrière furent joués par des acteurs/actrices de la classe moyenne voire bourgeoise et François Cluzet dans Les Intouchables n’est sinon pas en chaise roulante.

Juste un petit bémol à l’argument de Leto : C’est un fait avéré que les groupes discriminés ou déprivilégiés ont moins accès aux ressources (ici : aux rôles) et il n’est pas rare que les gays soient discriminés à l’heure d’être choisi pour un rôle d’hétéro.

Dans son article Jennie Kermode mentionne une enquête de la SAG-AFTRA (syndicat US-américain d’acteures et actrices, entre autres) parue à l’automne dernier : 16 % des acteurs et actrices LGBT* rapportent avoir été victimes de discrimination à Hollywood, et ces discriminations touchent les personnes trans* le plus durement.

A Hollywood un acteur ouvertement gay a moins de chance d’être choisi pour un rôle d’hétéro car il ne serait pas vraiment « crédible ».  C’est la thèse avancée par Ramin Setoodeh dans son article controversé concernant la difficulté pour un gay d’incarner un hétéro à l’écran. Ce qui est perçu chez les représentant.e.s de la société majoritaire – qui on le sait sont les représentant.e.s du « neutre » – comme une prouesse (« wow, iel joue un personnage aux antipodes de ce qu’iel est dans la vraie vie !»), est considéré chez les groupes marginalisés comme « pas crédible », car ce qu’iels sont dans la vraie vie n’est apparemment pas assez « neutre » et se transforme donc en seul trait identitaire qui les marque d’une empreinte indélébile.

Inversement

Pour pouvoir analyser la comparaison de Leto, il faut en réalité que les paramètres de l’équation soient équivalant concernant leur position respective dans les rapports sociaux de pouvoir.

Autrement dit :

Si Jared Leto, en tant que personne cisgenre, n’a pas le droit d’incarner une personne transgenre, alors un hétéro n’a peut-être pas le droit d’incarner un gay.

Mais peut-être ne s’agit-il pas d’une question « d’avoir le droit » ?

Quiconque se trouve dans une position dominante ou privilégiée (en l’occurrence : Cis* > Trans* ou Hétéro > Gay) peut se demander s’iel a décroché un rôle, un poste ou un avantage en général sur base de ses mérites personnels ou juste en raison du système global qui lui octroit des privilèges (1e étape), s’iel ne veut pas de temps en temps faire un pas en arrière afin de faire de la place (2e étape) ou utiliser ses privilèges afin d’intervenir en faveur de l’égalité des chances (3e étape) ?

C’est un fait :

– Les Trans* ne sont jamais choisi.e.s pour les rôles de Cis*
– Les Trans* sont très rarement choisi.e.s pour les rôles de Trans*
– Les Cis* sont toujours choisi.e.s pour les rôles de Cis*
– Les Cis* sont choisi.e.s dans l’immense majorité pour les rôles de Trans*

A noter également : Jusqu’à présent les femmes trans* sont majoritairement jouées par des hommes cisgenres.

En conséquence, la majorité des femmes trans* portées à l’écran ne peuvent pas en toute crédibilité avoir pris des mesures médicales de réassignement de genre, comme par exemple l’hormonothérapie, elles entérinent donc le stéréotype selon lequel les femmes trans* sont en fait « juste des hommes qui s’habillent en femme ». Ainsi, la représentation des féminités trans* au cinéma conduit à davantage de stéréotypisation et de stigmatisation.

transequality march hollywood

Lana Leitova et Madison Rae. Rassemblement le 2 mars 2014 devant les Academy Awards à Hollywood : « Why are you Hollywood Producers keeping trans people out? »
/ Photo: Kerri Cecil – Cliquez sur la photo pour lire une interview de Kerri Cecil et voir certains de ses courts-métrages.

 

2. Les archétypes trans* dans les films

Here we go ! Nous avons :

les freak solitaires / en souffrance (Transamerica, Risky Business, Very Bad Trip 2, Hedwig and the Angry Inch, Laurence Anyways…)
les freaks comiques / déjantés (Priscilla folle du désert, Hedwig and the Angry Inch…)
les freaks moribonds / assassinés (Dallas Buyers Club, Soldier’s Girl, Boys Don’t Cry…)
les freaks dangereux / serial killer (Psychose, Pulsions, Le Silence des agneaux).

Les quatre archétypes ne s’excluent pas les uns les autres.

Je n’ai pas vu Dallas Buyers Club  – mais Jared Leto non plus – à écouter ici

I have had the time to see the movie, I made the choice not… to see the movie. 1’16’’ (4)

Il me suffit de lire qu’il s’agit de nouveau d’une trans* travailleuse du sexe, d’une trans* junky, d’une trans* marginalisée, d’une trans* qui finit par payer le prix fort.

Petite parenthèse 

Pendant deux ans j’ai écrit un roman jusqu’à m’apercevoir qu’étant donné la situation actuelle de la représentation médiatique des transidentités je ne souhaitais pas publier ce livre. Pour résumer : le roman raconte la grossesse d’un homme trans* devenu la cible de la presse à scandales. Dès de le début on apprend que le nouveau-né est mort. Par flashback on suit l’étape de la grossesse, l’accouchement ainsi que la première année. Le roman traite de la pression médiatique et sociale et analyse la manière dont « la violence surgit et jusqu’où elle peut mener » – en gros, comme L’honneur perdu de Katharina Blum d’Heinrich Böll. L’un.e des parents va en effet commettre un acte après le décès du bébé qu’iel n’aurait jamais commis sans la pression médiatique.

Après deux ans et de nombreuses recherches je me suis demandé : Est-ce que je veux vraiment publier cette histoire ? La réponse n’était pas facile. Finalement j’en suis arrivé à la conclusion suivante : Non. Même si mon but était (et est) de dénoncer des pratiques journalistiques inhumaines et dégradantes, j’ai décidé de ne publier une histoire triste et tragique que lorsque nous disposerons de beaucoup d’histoires diverses et positives au sujet des reálités queer et trans*. Ca ne veut pas dire que tout le monde doit faire la même chose. Mais je pense qu’en tant qu’auteur j’ai une responsabilité au sujet des histoires que j’écris. Car toutes productions artistiques (et la publicité en fait partie) perpétuent voire créent la réalité qu’elles prétendent juste décrire.

Concernant le danger des stéréotypes, ici un article en allemand de  TQ : Bedrohung durch Stereotype, oder: Warum Repräsentation so wichtig ist.

J’ai un peu exagéré

En réalité il existe déjà des représentations alternatives de personnes  trans* et queer à l’écran : dans les films DIY, low-budget et/ou crowdfunded. Il suffit de regarder la programmation du festival queer berlinois Entzaubert (en France je pense par exemple au festival XXYZ à Toulouse) et de nombreuSEx réalisateurs et réalisatrices comme Juli(a) Rivera, Tom Weller, Vika Kir­chen­bau­er, James Ro­sa­lind, Alec Butler, pour n’en citer que quelqu’un.e.s, proposent une représentation différenciée et positive des réalités trans* et queer.

Et: des films portés et produits par une communauté se retrouvent parfois dans les grands festivals comme The Owls de Cheryl Dunye qui fut projeté à la Berlinale en 2010.

Voici un article sur la manière de faire les choses différement : The Future of Trans Representation.

Alors où est le problème ?

Selon la militante trans* britannique Lexie Cannes, si les personnes  transgenres ne reçoivent pas de rôles à Hollywood, c’est pour une raison très simple : l’argent. Et oui. Les investisseurs veulent des grands noms qui remplissent les salles. Comme Jared Leto justement. Selon Cannes, en raison des règles de l’économie de marché il n’y a à l’heure actuelle pratiquement aucune chance qu’un groupe investisse $50.000.000 dans un.e acteur/actrice trans*.

Malheureusement les règles du jeu sont bien souvent celles du capitalisme. Mais on peut changer ça.

3. La comparaison Transface = Blackface

Cette vidéo d’Erin Armstrong AKA Grishno a deux problèmes :

Premier problème : la liste (0’56’’) qui vient de Wikipedia et n’est pas complète ainsi que les statistiques

Comme on le sait au moins depuis Thilo Sarrazin qui dans son essai L’Allemagne court à sa perte se servait de tableaux et de chiffres pour le moins obscurs afin d’éclairer sa vision du monde raciste : les statistiques peuvent déformer la réalité.

Grishno explique :

– Parmi les 8 films comportant un personnages d’homme transgenres en 12 ans, 4 ont été joués par un homme trans* (ce qui n’est pas le cas, on le verra plus loin). Grishno en vient donc à la conclusion que… wow, 50 % des films avaient un acteur trans* ! Par rapport aux maigres 15 % pour les actrices trans*, sur 45 films en 48 ans.

Ma conclusion serait : wow, en 48 ans SEULS 8 films ont porté un personnage d’homme trans* à l’écran ! Ca fait 1,5 tous les dix ans, soit 0,15 mec trans* par an.

– De toutes façons : Funny kind a guy, Southern Confort, Boy I am, Let me die a woman, The Transgender Path, Red without Blue et The Forgotten DJ/Model sont des documentaires – pas étonnant donc que les personnes portraiturées se « jouent » elles-mêmes (et heureusement). On ne peut pas sérieusement utiliser cet argument pour affirmer qu’il y a des ACTEURS trans* dans la moitié des films …

– Et : Rick Okon, la tête d’affiche de Romeos, n’est PAS trans*. Et pas seulement ça. Petite anecdote : Berlinale 2011, Sabine Bernardi, réalisatrice de Romeos, répond aux questions du public à l’issue de la projection : « Pourquoi avez-vous choisi un homme pour le rôle du transexuel ? » (Rien que la question me désole. Petit cours de rattrapage : Les hommes trans* sont aussi des hommes). Réponse de Bernardi :

Ça a toujours été clair pour moi que je voulais un homme pour ce rôle, il n’était pas question de caster une femme.

Aïe. Bingo. Dans le monde de Bernardi, il n’y a donc que des hommes cisgenres et des femmes cisgenres. Et ces dernières portent les cheveux longs et des jupes et ne peuvent donc pas passer pour des « hommes ». Peut-être faudrait-il présenter à Bernardi quelques belles gouines butch.

Néanmoins, j’aimerais reconnaître au film l’immense mérite de n’avoir eu recours à aucun des quatre archétypes mentionnés plus haut. Lire ici une bonne critique de Romeos paru sur le blog Chronik D’un Nègre Inverti – et qui pointe également le problème de la racialisation de l’homophobie et de la violence dans le film.

Bon. Donc. Si on se base sur cette liste de Wikipedia :

– Parmi les 8 films qui ont traité des trans*masculinités en  12 ans, exactament 0 film a porté à l’écran un acteur trans*.

– Parmi les 45 films qui ont traité des trans*féminités en 48 ans, seuls 3 avaient une actrice trans*.

Deuxième – et plus important problème : la comparaison Transface = Blackface

Je peux comprendre l’intention. Grishno espère provoquer un déclic : le Blackface ce n’est pas bien, donc le Transface ce n’est pas bien. Car je crois savoir que les Etats-Unis sont plus vigilants qu’en Allemagne à l’égard de cette forme de représentation raciste et la pratique du Blackface y serait à l’heure actuelle inimaginable.

Mais la comparaison ne fonctionne pas.

  • D’un point de vue historique :  Le Blackface a pour origine une tradition raciste et n’est rien d’autre qu’une mise en scène des discours sur les races. Les blancs peints en noir véhiculent consciemment une image stéréotypée et offensante des personnes Noires, la caricature servant à leur dénigrement. La pratique du Blackface n’a jamais eu pour but de représenter avec respect l’histoire d’un être humain, de permettre un aperçu dans sa psychologie ou de narrer les enjeux d’un quotidien au prise avec une société raciste. Pour mauvais que soient les rôles de personnes trans* au cinéma, il me semble que l’objectif est cependant de démontrer les difficultés de l’existence en tant que trans*,  tout comme Calpernia Addams le rappelle dans son article In Defense of Jared Leto : des êtres comme Rayon existe bel et bien.

 

  • D’un point de vue – je dirais – de ‘rétroaction analogique’ : La comparaison suggère que le Blackface ne serait peut-être rien d’autre que ça : qu’un.e blanc.he joue un.e Noir.e.  La volonté patente de caricaturer, l’offense et la dévalorisation intentionnelle, en d’autres termes la violence du racisme inhérent à la pratique, sont passées sous silence. La comparaison est donc contre-productive : au lieu de souligner la violence du Transface, elle minimise la violence du Blackface.

 

  • D’un point de vue politique :  Le comparaison suggère en outre que :

1. « Trans* » égale « ne-ferait-jamais-du-Blackface » donc « trans*» égale « blanc.he.s » (puisque seul.e.s les blanc.he.s  ont le privilège de se demander s’ils veulent pratiquer le Blackface) donc « trans*» égale « blanc.he.s pas suprémacistes blanc.he.s ».

2. Noir.e.s. égal « pas Trans*».

Il s’agit bien sûr d’une suite de sophismes, ou disons : de paralogismes puisque l’erreur de raisonnement est peut-être de bonne foi, n’est-ce pas ?

–> Le racisme émanant des communautés transgenres blanches est nié et la pluri-appartenance est invisibilisée.

Donc la comparaison Transface = Blackface re/produit  le racisme et la suprématie blanche.

CONCLUSION

Pour nommer et faire prendre conscience d’un problème, je pense qu’il est important de rester dans le sujet. Pourquoi les raisons essentielles pour lesquelles la représentation actuelle des transidentités au cinéma est insatisfaisante, problématique et dangereuse ne devraient pas suffire ?

Ce que nous voulons :

1. une représentation nuancée, adéquate et décente de nous-mêmes, de nos communautés, de nos réalités, de nos identités, de nos auto-définitions et de notre  magnificience.

2. Les acteurs et actrices trans* doivent avoir accès tant aux rôles de personnages transgenres qu’aux rôles de personnages cisgenres.

3. Les scénaristes, réalisateurs/trices et producteurs/trices cisgenres qui planchent sur un film comportant un personnage transgenre doivent se pencher en profondeur sur le sujet et être prêt.e.s à créer des rôles dépassant les clichés et stéréotypes.

4. Davantage de visibilité pour les personnes transgenres dans l’industrie du cinéma tant devant que derrière la caméra.

5. La Berlinale et tous les festivals du film d’envergure doivent créer un prix du meilleur film trans*.

6. Les communautés transgenres blanches peuvent s’inspirer et prendre exemples sur des formes de résistance et de contestation d’autres communautés, mais sans s’approprier les acquis et/ou tout mettre dans le même panier en invisibilisant les spécificités d’une oppression, faire du  white washing, du trans*washing et ignorer les appartenances et les oppressions multiples.

Conclusion 2:

Jared Leto ne peut pas grand chose à lui seul en ce qui concerne les points 1 à 6.  MAIS il est bel est bien responsable de son manque de discernement concernant les transidentés ainsi que de ses plaisanteries dégradantes et à côté de la plaque. Et rien que pour ça je trouve qu’IL n’aurait pas dû avoir le droit de jouer le rôle de Rayon.

Last but not least, voici une très belle prise de parole de Julie Rei Goldstein de Trans Hollywood

***

Traduction française des citations de Jared Leto :

(1) « Je ne sais pas exactement pourquoi vous avez fait ça, peut-être que vous avez entendu que j’ai un côté doux, ou que j’ai de belles petites fesses brésiliennes – si vous ne me croyez pas, c’est dans le film. »

(2) « Une des nombreuses choses que j’ai dû faire pour ce rôle transformatif a été de m’épiler le corps entier à la cire. Heureusement ce n’était pas un drame d’époque donc je n’ai pas dû me faire le maillot à la brésilienne… Vous voyez ce que je veux dire… Et certains mecs dans la salle aussi. »

(3) « J’aimerais profiter de l’occasion pour clarifier certaines choses : dans ce film je n’ai utilisé aucune prothèse, ces petites fesses brésiliennes sont bien les miennes. C’était un rôle très transformatif et j’ai dû faire pas mal de choses afin de me préparer. L’une d’entre elles a été d’épiler mon corps entier, dont mes sourcils. J’ai de la chance qu’il ne s’agissait pas d’un drame d’époque donc je n’ai pas dû me faire le maillot complet à la brésilienne. Mesdames, vous savez de quoi je parle. Et certains messieurs ici aussi, je pense. »

(4) « J’ai eu le temps de voir le film mais j’ai décidé de ne pas le regarder. »

***

La version originale de cet article est parue en allemand sur mon blog jayromeaufdeutsch.wordpress.com

Non classé | 07.03.2014 - 16 h 08 | 0 COMMENTAIRES
GiedRé : Oppressions en musique

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Aujourd’hui, je copie un texte nécessaire lu sur le blog Hysteriezh.

Parce que des chansons comme « La belle au bois » participent à la stigmatisation transphobe, raciste et putophobe, GiedRé, tu expliques, légitimes et justifies le meurtre de femmes trans’ of color !

La chanteuse, interpellée sur ce fait, se dit « mince, mon travail est mal compris »La prochaine étape, GiedRé, sera que tu comprennes que tu as mal compris la transphobie systémique, institutionnelle, médiatique et interpersonnelle, ainsi que les oppressions multiples (sexime + racisme + transphobie + transmisogynie) qui s’exercent contre les femmes trans’ of color.

Ici un lien vers le projet TransRespect versus Transphobia qui comptabilise le nombre de personnes trans’ assassinées pendant l’année. La majorité étaient des TWoC (Trans Women of Color).

C’est moi qui souligne:

GiedRé,

Pardonne-moi de commencer comme ça, mais qu’est-ce que tu fous ?
comme je l’ai beaucoup lu récemment, on peut rire de tout mais pas n’importe comment.

Jusqu’à présent on riait de tout avec toi parce que t’en riais de façon jamais insultante, stéréotypée et oppressive. Mais avec ta chanson sur la Belle au bois là, comment te dire.

On peut rire avec la prostitution ou des transidentités, on peut, mais pas n’importe comment, surtout si on n’est concernée ni par l’un ni par l’autre de ces vécus. Là, t’as juste reconduit les plus bêtes stéréotypes sur les prostituées du bois – femmes trans et ce à l’insu des clients hommes qui se retrouveraient, pauvres chatons, piégés par ces salopes.

T’es sérieuse Giedré ? Tu sais que Cauet nous l’a déjà faite celle-là ? La honte, quand même, de plagier Cauet… Tu reprends la rhétorique putotransphobe et sexiste de n’importe quel abrutimoyen, et oui, tu ris avec eux, tu ris « avec » les beaufs réacs, et tu ris « de » les meufs trans putes, et nous du coup on n’a plus envie de rire avec toi. Tu tombes dans tous les panneaux, tu genres au masculin ton personnage de femme trans, c’est juste tellement nul, niveau de réflexion TF1 quoi. Tu évoques un viol qui nie et même inverse la réalité des rapports d’oppression – genre c’est les meufs trans putes qui vont aller violer des clients cishétéro, ALLO GIEDRE ressaisis-toi. BREAKING NEWS : c’est les clients hommes hétéro-cis qui violent et butent des prostituées, et c’est pas des anecdotes, des faits divers isolés, c’est la réalité quotidienne des violences contre les femmes trans et putes.

Et puis tu dis quoi là avec ton histoire de vengeance façon crime d’honneur ? Pauvres hommes piégés par les femmes : cis ou trans, toutes des putes hein, toutes des putains. Tu l’avais déjà dit, ça, toutes des putains, et ta chanson était parfaite, parce qu’on riait ensemble de ces stigmates qui nous collent à la peau. Là, NON, on rigole pas du tout. Bref, ta chanson pue et on est bien déçues.

A+ cordialement pas bisous.

Paroles de « La belle au bois »:

Il était une fois
Très loin et y’a très longtemps,
une belle qui dormait au bois,
en attendant le prince charmant.

Un promeneur qui passait par là,
En cherchant des champignons,
Se dis Ho une belle qui dors au bois
C’est vraiment trop mignon!

Il voulait faire les choses bien
Il lui offrit un bouquet de coucou,
Mais la belle à l’accent Brésilien
Lui dis c’est 50 euros pour tout.

Refrain:
Tout est bien qui ne finit pas toujours bien
Toutes les histoires n’ont pas toutes une belle fin!

Le promeneur se dis mais qu’est ce que c’est que ca
Et couru vers sa maison.
Mais la belle qui dormais au bois
N’allait pas laisser passé l’occasion!

Une fois ces tallons enlevés
Elle n’avait de femme que les hormones
Voir courir cet homme affolé
Réveilla sa testostérone

Elle le rattrapa bien vite
Et contre un épicéa
La belle sortie sa bite
Et l’encula

Refrain:
Tout est bien qui ne finit pas toujours bien
Toutes les histoires n’ont pas toutes une belle fin!

Le promeneur malgré la douleur
N’en perdit pas moins la raison
Et pour sauver son honneur
Égorgea la belle dans un buisson

Il n’y a pas de morale
A cette chanson
Où est le bien où est le mal
Tel est la question

Mais rappelez vous que il était une fois
Pas très loin et ya pas si longtemps
Une pute qui dormais au bois
et qui risque d’y dormir longtemps!

Non classé | 24.02.2014 - 20 h 26 | 0 COMMENTAIRES
Musique (2e partie)

Aujourd’hui un nouvel aperçu musical d’artistes trans* :

Big Freedia – Feeling Myself

Big Freedia a été élue Best Musician of the Year 2013 du premier MOTHA Art Award au côté de KOKUMO et Rae Spoon.

Black Cracker – Ash on the Ground

Rocco Katastrophe – The Life

Lucas Silveira du groupe The Cliks – Savanna

Rae Spoon – Curse on us

Angelica Ross – Labels

KOKUMO – Mad World

Cliquez ici pour Musique (1e partie)

Non classé | 19.02.2014 - 18 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Débat sur la « théorie de genre »: Chères personnes cisgenres !

Cette lettre-vidéo est un hommage au texte magnifique Dear straight people de Denice Frohman, poète, éducatrice, lyriciste, avec son aimable autorisation.

Merci également à l’artiste Trouble X de m’avoir permis d’utiliser la phrase : « Je ne me souviens pas avoir jamais signé ce contrat. »

<3

Non classé | 11.12.2013 - 17 h 26 | 0 COMMENTAIRES
« La Cissexualité*, ce douloureux problème », par Naïel

Je fais suivre cet appel de Naïel, photographe genderqueer* et Trans, pour le soutien à l’édition d’un super projet multimédias : «La Cissexualité*, ce douloureux problème. Quand les minorités viennent nommer et questionner la norme.» J’ai hâte de voir le résultat! 🙂

Coucou les ami.e.s, allié.e.s et futur.e.s,

« La Cissexualité, ce douloureux problème » est une réponse directe, sans concession et en miroir, d’une personne genderqueer* et Trans, à la toute puissance du monde psychiatrico-médical et judiciaire sur les vies de certaines personnes. Elle n’est pas là pour demander bien gentiment et poliment, aux diverses mouvances politiques qui gouvernent cet état, des droits. Elle existe pour dénoncer cet état de non droit qui s’exerce sur les personnes Trans (et Intersexes) et montrer en creux la fabrication des normes de genre par un régime politique hétéopatriarcal. Ce livre ne s’adresse pas spécifiquement aux personnes Trans, il s’adresse à toustEs* car nous sommes, avons ou serons toustEs soumis.es au biopouvoir.*

J’ai décidé de publier «La cissexualité , ce douloureux problème » en auto-édition, n’ayant trouvé aucun.e éditeurE voulant publier ce travail multimédias.sainte bonnie

J’ai donc contacté un imprimeur, le prix du livre ( même si j’ai bien conscience qu’il ne reste pas abordable pour tousTEs) commence à être abordable à partir de 100 exemplaires.

N’ayant pas gagné au loto, je ne peux avancer les frais d’impression, d’envoi….( Mon travail n’en reste pas moins bénévole, autant en ce qui concerne l’exposition que la mise en page du livre).

Donc, le prix du livre est de 20€ + les frais de port pour les gentes n’habitant pas la région de Marseille.

J’avance 10% de la somme totale mais je ne pourrais commander les impressions qu’à partir de 90 souscriptions.

Vous pouvez voir l’exposition en ligne ici ainsi que le bon de souscription (avec les modalités de paiement) et les frais de port en fonction du nombre (pensez à vous grouper si vous êtes de la même région ou ville, cela les diminuera grandement).

Au cas où au 15 janvier 2013, il n’y aurait pas 90 souscriptions reçues , les personnes ayant déjà souscrit seront remboursées par chèque ou virement bancaire.

Pourquoi ne pas utiliser le crowfunding?:

Tout simplement parce que cela rajouterai 8% de frais sur la totalité (livres + envois).

Si ce projet se réalise, je devrais recevoir les livres entre fin février et début mars (cela peut être bien avant, le livre étant quasi fini).

Merci de faire circuler et merci de votre soutien.

Naïel
http://naiel7.wix.com/naiel (second site de photos)
http://blog.naiel.net/
http://www.naiel.net/

Non classé | 30.11.2013 - 15 h 52 | 2 COMMENTAIRES
Musique (1e partie)

Aujourd’hui un aperçu de quelques-un_e_s de mes chanteurs et chanteuses, musiciens et musciennes  trans* préféré_es.

Msoke qui vient de participer à The Voice of Germany  – Human

Namoli Brennet – We belong

StormMiguel Florez – White Man’s Burden

Kaey – Mein Schönstes Kleid (du groupe Früchte des Zorns)

Laura Jane Grace – Transgender Dysphoria Blues

Kokumo – There will come a day

King’s Queer –  Amours et Révoltes

Titica – CHÃO CHÃO

Non classé | 20.11.2013 - 15 h 43 | 0 COMMENTAIRES
TDoR – Vidéo: « Chères personnes cisgenres »

Texte inspiré par Dear straight people de Denice Frohman, poète, éducatrice, lyriciste, avec son aimable autorisation. Merci Denice, you rock!! <3

 

 

Non classé | 14.11.2013 - 01 h 23 | 10 COMMENTAIRES
Un appel pour les Philippines

Il y a trois mois, j’ai eu la chance de rencontrer des militant.e.s LGBT philippin.e.s qui m’ont retourné le coeur. Je ne sais pas comment le dire autrement. J’ai rarement été aussi touché, émerveillé, fasciné par des personnes.

Pour expliquer un peu le contexte, on essayait d’organiser un réseau international de soutien pour une jeune fille trans’ qui devait rapidement quitter son pays – et quand je dis « on », pour être précis le plus gros du boulot ce sont les Philippin.e.s qu’ils l’ont fait. Au fil des jours et des semaines, j’étais littéralement retourné par leur générosité, leur clairvoyance, leur constance, leur courage – et quand je dis courage, je parle de courage – ce serait trop long à expliquer, mais c’était de courage dont il s’agissait. En ce qui me concerne, j’ai appris l’humilité, qui est un des meilleurs trucs : ni la modestie, ni l’arrogance – l’humilité qui consiste à être pleinement conscient de sa valeur, ni plus, ni moins. Et puis pendant tout ça, il y avait aussi les moments où ils_elles me faisaient rire. Et en écrivant ça, j’ai presque envie de pleurer, en repensant à toutes les fois où l’humour de Doc Guy faisait bondir mon coeur de joie, rendant la situation dramatique presque magique, sans parler de Dawn, Ging, Charlese, c’est quand même n’importe quoi, je ne vais pas me foutre à chialer parce que des gens m’ont fait rire…

L’objet de ce post c’est que vous avez sûrement entendu parler du typhon qui s’est abbatu vendredi sur les Philippines. Voici deux fundraisings, le premier lien concerne le Département des études sur les femmes et le développement de l’Université des Philippines, dont font partie quelques personnes dont je parle :

www.youcaring.com/medical-fundraiser/appel-des-donations-pour-l-universit-des-philippines-up-/105990

DWDS

Le second lien, parce que ça ne vous parle pas forcément d’aider des opérations de secours organisés par une fac, provient d’une alliance d’organisations progressistes :

www.youcaring.com/medical-fundraiser/solidarit-avec-le-peuple-philippin/105737

Enfin, voici un article d’Outrage Mag, un magazine LGBT  philippin, intitulé Des organisations LGBT se mobilisent pour soutenir les victimes de Yolanda.

S’il vous plait, aidez-moi à soutenir les militant.e.s LGBT sur place qui se démènent sans compter et qui m’ont fait comprendre ce que veut dire « pleurer de rire ».

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